L’association


En République Démocratique du Congo vit la Maison Katimel depuis 2006 maintenant.

Créée par les sœurs de Sainte Ursule, elle a pour mission d’accueillir les petites et jeunes filles qui ont la rue pour maison.

Pourquoi se sont-elles retrouvées ainsi?

La République Démocratique du Congo est un pays tropical où se succèdent une saison sèche et froide et une saison chaude et humide.
Lubumbashi est à 1200 m d’altitude, et à certaines période de l’année, le froid peut être la cause de décés d’enfants en bas age et dénutris.
La population dans sa grande majorité vit dans des conditions très précaires ayant difficilement accès aux soins et à la scolarisation. La survie alimentaire se fait au jour le jour, une partie de la population cultive des parcelles avec du manioc du choux de chine pour faire face. La pauvreté touche toute la population, paradoxe dans un pays possédant tant de ressources naturelles (minières et autres) mais dont les revenues de l’exploitation profitent qu’à quelques uns ce qui fragilise la vie des familles.
La République Démocratique du Congo est un pays en guerre. Celle-ci à l’est (Kivu) entraîne un flot de réfugiés (ils sont très présents mais pas majoritaire en nombre dans la population) qui arrive à Lubumbashi. Ce sont souvent des femmes seules avec enfants, sans ressource, sans lieu d’accueil et parfois sans connaître la langue. Les hommes ont été enrôlés ou tués. Les femmes ont subi des sévices graves.
Le taux de positivité au HIV est élevé et le SIDA entraîne une déstructuration de la famille avec des décès des recompositions familiales. Traditionnellement un enfant est précieux, mais avec les problèmes économiques et familiaux, les petits garçons ont été les premières victimes et ont été abandonnés, puis maintenant ce sont des petites filles qui se retrouvent à la rue. Suite à des malheurs dans la famille, les enfants sont accusés de sorcellerie ce qui justifie leur abandon.
Parfois ce sont les deux parents qui sont décédés (sida) laissant la charge des enfants à des grands parents ou des personnes de la famille qui si un problème arrive, soit de ressources, soit de santé, chasse l’enfant lui demandant de se débrouiller seul.
Pour la plupart, la crise économique et sociale est le facteur important dans les attitudes des parents, elles ont été abandonnées ou chassées sous le prétexte de sorcellerie, ou ont fui la violence familiale et vivent pour les plus âgées, de la prostitution. Celles-ci peuvent se retrouver enceintes, parfois plusieurs fois. Le devenir de l’enfant est des plus incertain. Bien sûr, certaines sont atteintes du Sida.
Les plus jeunes ont entre 5 et 13 ans. Ce sont elles qui sont accueillies dans la maison Katimel. Les plus grandes retournent à la rue le soir. C’est donc un lieu d’accueil nécessaire mais aussi une mission de longue haleine. Les jeunes filles, quand elles sont resocialisées, sont, dans la mesure du possible, réinsérées dans leur famille ; mais quand c’est impossible, elles vont chez d’autres religieuses dans d’autres maisons dont certaines tenues par des religieuses (à Lubumbashi certaines maisons de l’oeuvre de Marguerite sont tenues par des laïcs) qui se chargent de l’éducation et de la formation professionnelle. Pour éviter les retours à la rue, il a été décidé de garder les enfants plus longtemps. Depuis 2008 elles sont donc scolarisées, ainsi elles apprennent le Français, le calcul, elles sont brillantes à l’école et sont fières de leurs bonnes notes. L’école nécessite un uniforme et une contribution pour payer les professeurs.
À la maison où elles sont accueillies, elles sont encadrées par des sœurs ou des éducatrices qui se relaient sur 24 heures. Un veilleur de nuit a été embauché pour assurer la sécurité.
Les jeunes filles participent à la vie de la maison en faisant la cuisine le ménage et la lessive. Elles ont aussi quelques activités ludiques. Sœur Denise assure la responsabilité de diriger la maison, sœur Danièle utilise sa formation en art thérapie pour permettre aux nouvelles arrivées de reprendre confiance en elles.
Il existe aussi un petit hôpital à proximité qui permet des prises en charge médicale. Dernièrement une petite fille a été hospitalisée pour une appendicite, cela mobilise l’ensemble de l’équipe d’encadrant car il faut une présence à ses côtés et la famille, ici les éducatrices, de Katimel, subviennent à tous les besoins autres que médicaux.

La collaboration République Démocratique du Congo/France

C’est une réalisation qui s’ancre dans l’esprit de la Compagnie des sœurs de Sainte Ursule. Les sœurs ont souhaité lui donner le nom de Katimel en « souvenir, affection et mémoire »  d’une sœur française, Sœur Marie Luc (Catimel) qui est décédée d’un accident de vélo et, qui, malgré son séjour court dans le temps, a marqué la population.

Nicole et Gilles Croyère sont allés à Lubumbashi en 2007 et avant de repartir du Congo, ils ont demandé aux sœurs quels étaient les besoins nécessaires à la pérennité, voire au développement de la Maison Katimel.
Les sœurs auraient besoin d’être soutenues moralement (savoir qu’en France, on pense et l’on prie pour les jeunes filles, pour le projet……..) et puis inévitablement soutenues aussi financièrement ….

C’est pourquoi nous avons, Nicole et Gilles Croyère ont sollicité Claire Catimel et Thierry Dattin et les sœurs de Sainte-Ursule de Saint-Cyr sur Loire pour créer une association de soutien à la Maison Katimel.Une rencontre « fondatrice » de l’association a eu lieu le dimanche 30 septembre 2007 à St Cyr sur Loire à la Maison de Prière.

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